Commune de Ménestreau en Villette
Longitude 2.021656, Latitude 47.701444
A l'entrée du village de Ménestreau en Villette.

La place de l'église et de la Mairie.

Un peu d'histoire de l'Orléanais.
Si de nos jours il est aisé de passer du nord au sud de la Loire, il fut un temps ou cela n'était pas si simple. D'ailleurs, lorsqu'on parlait d'Orléans, dans les temps très anciens, on ne parlait que d'une ville située sur la rive droite et au nord de la Loire. C'était le temps ou il n'y avait pas encore de pont permettant de traverser ce fleuve qui constituait une barrière naturelle et quasiment infranchissable. Ainsi l'Orléanais était coupé en deux parties qui communiquaient peu à cause de sa topologie.
Nous parlons, ici, de l'époque ou les Carnutes occupaient le nord de la Loire et les Bituriges occupaient le sud.
Les premiers ont émigré progressivement depuis la Beauce ( de Autricum, ancien nom de Chartres ). Ils étaient habitués à vivre sur des terres riches et ont investi tout naturellement le nord de la Loire.
Les seconds vivaient sur des terres pauvres, malsaines, propices à la maladie et avaient une durée de vie très courte ( on rapporte que les gens de cette région ne vivaient pas plus de quarante années ). C'est qu'en ce temps là, la Sologne n'était qu'un pays marécageux et les conditions de vie y étaient très difficiles.
D'après les légendes de l'Orléanais rapportées par C. de VASSAL ( Archiviste du Loiret ), en 1806, il est fait mention que les habitants de Marcilly, qui n'étaient plus qu'au nombre de 636 comprenaient 150 mendiants. Leur nourriture se composait de pain de blé noir, de fromage maigre, de raves pelées et séchées qu'ils faisaient cuire dans l'eau et assaisonnaient avec une cuillère de crème. Ils buvaient de l'eau souvent puisée dans les fossés ; leurs habitations, construites en bois et torchis étaient basses, sombres et malsaines. Tout le pays était couvert d'eau, et les bruyères avaient envahi la moitié du territoire. Il aura fallu des hommes comme MALLET, de MAINVILLE, COURNOL et DRIARD pour que le pays se régénère. Ils apportèrent leur richesse autant que leur intelligence pour régénérer ce pays qui en avait bien besoin. A leur initiative les maisons seront reconstruites en briques, les terrains seront assainis et la nourriture deviendra meilleure.
C'est seulement vers la moitié du XIXème siècle qu'on ébauche une transformation de la région toute entière. Un assainissement était devenu indispensable pour enrichir ce terroir. Napoléon III s'intéressera au pays en acquérant tout d'abord le domaine de La Motte-Beuvron et en montrant, par l'exemple, ce que pouvait devenir une terre aussi déshéritée. C'est le « Comité central de la Sologne » qui dirigera les opérations. Les ruisseaux seront curés, les marais et les étangs minuscules seront asséchés. Bientôt les fièvres, qui décimaient auparavant les habitants, disparurent. On fit ouvrir des routes. Le canal de La Sauldre fut creusé. On planta des pins. La salubrité augmenta peu à peu et la population avec elle ( elle doublera en cinquante ans ).
|
Avec un magnifique arc en ciel...

... et le chateau d'eau dans le reflet.


Les décors de cette maison sont d'Alexandra BAUDIN
avec la participation des élèves :
Nicole CRESPEAU, Marie France GUET et Monique RIVIERE.


La Sologne est un pays d'élevage de moutons, de porcs et de volailles. Les dindons solognots ont acquis une telle réputation qu'on venait les acheter depuis l'Angleterre.
Mais la Sologne est surtout un pays réputé pour la chasse. Lièvres, faisans, bécassines, poules d'eau, canards sauvages, chevreuils et sangliers sont chassés dans le pays. Par contre, le lapin est un fléau par le grand nombre d'individus qui ravagent les maigres cultures que le sol veut bien produire.
|


La Sologne ne sera jamais une région de grandes cultures. Son sous-sol trop argileux ne permet pas de développer ce type d'agriculture. Par contre, l'argile fut un atout dans la fabrication de tuiles et de briques qui serviront à la construction des maisons typiquement reconnaissables dans la région. Cette fabrication ne restera, malgré tout, qu'une production locale.
|

Maisons solognottes à Ménestreau en Villette...

... et aux alentours.


L'étang communal de Ménestreau en Villette.

La pêche deviendra une ressource locale avec ses étangs qui bientôt seront gérés de façon maîtrisée. Le mythe de la pêche miraculeuse en Sologne fut très répandu. Lorsqu'on décidait de vider un étang, des poissons comme des carpes gigantesques pouvaient faire l'orgueil des marchés d'Orléans et de Paris.

La bonde, emblème solognot par excellence, servait à vider les étangs pour les assainir.
La richesse en minéraux de l'humus du sol de ces étangs était très souvent utilisée pour les cultures.
Outre le fait d'assainir les vallées marécageuses, l'étang servait aussi à la lutte contre les sécheresses.
Ils permettaient d'abreuver le bétail lorsque l'eau venait à manquer dans les rivières.
|
Un autre étang à Ménestreau en Villette.


Les étangs abritent une faune sauvage.

Le Bourillon, une rivière près de Ménestreau en Villette.



Certes, on ne peut pas parler de la Sologne sans parler du bois mais on ne peut pas à proprement parler de forêt en Sologne. En effet, il y a de grandes forêts aux alentours mais pas en Sologne.
Le bois de Sologne servait surtout de bois de chauffage et était utilisé localement.
Les arbres que l'on trouve en Sologne sont, pour la plupart, des arbres qui ont été plantés dans le programme d'assainissement des sols. On y planta des pins. Le sol, trop acide, ne pouvait pas supporter d'autres plantations.
C'est après le terrible hiver de 1879-1880, qui ravagea la forêt, qu'on y plantera des arbres un peu plus nobles comme le pin sylvestre ou le pin noir d'Autriche.
|
Pin sylvestre en Sologne.


Le domaine du Ciran à proximité de Ménestreau en Villette.


Non loin de Ménestreau en Villette se trouve Marcilly en Villette.

L'église avec son Christ en bois en façade.

Ci-dessous,
une ancienne représentation du château d'Alosse
qui fut acquis en 1831 par M. De MAINVILLE
( dont nous avons déjà parlé plus haut ).

Le premier seigneur d'Alosse connu est Guillaume CRAMOY, écuyer, qui vivait au milieu du XIVème siècle.
C'est M. de MAINVILLE qui, l'ayant acquis cinq siècles plus tard, fit combler les fossés du château.
On dit que lors de la percée d'une tranchée, un trésor aurait été trouvé. Il s'agirait d'un pot de terre contenant des pièces de monnaie datant de l'époque de Charles VI, de Charles VII, de Louis XI, de Charles VIII, de François Ier, d'Henri II et de François II. Malheureusement ces pièces ont été éparpillées.
|

|